Un nouveau département

(Texte André Larger)

Une ville en devenir

Pour la cité invaincue commence alors une ère nouvelle immortalisée par le Lion de Bartholdi achevé en 1880. Le traité de Francfort a pour conséquence l'afflux de réfugiés alsaciens, soucieux de conserver la nationalité française, et l'installation, dans la plaine de la Savoureuse de succursales des grandes usines mulhousiennes qui ne veulent pas se couper du marché français. Ainsi naît, dans le dernier quart du XIXe siècle, la vocation industrielle de Belfort.

 

La population explose, des quartiers nouveaux se créent, l'enceinte de Vauban, entrave au développement, est en partie rasée. L'armée de son côté est de plus en plus présente. Belfort devient, dans le cadre du nouveau système de défense du général Séré de Rivières, l'une des grandes places fortes du pays. Le camp retranché de Belfort et son rideau défensif comportent, des Vosges au Jura, pas moins de 13 forts, 6 ouvrages intermédiaires, une trentaine d'ouvrages d'infanterie et retranchements divers, une soixantaine de batteries. De nouvelles casernes et établissements militaires sortent de terre. L'armée occupe alors 15% du site de Belfort.

 

Le 7 août 1914, Belfort est le point de départ d'une offensive française en direction de l'Alsace. Mais les contre-attaques allemandes, puis la situation critique des armées françaises dans le nord conduisent rapidement à une stabilisation du front à 25 km de Belfort si bien que la ville ne subit que des bombardements aériens et par canon de marine de gros calibre. Après le retour de l'Alsace à la France, le Territoire de Belfort ne réintègre pas le Haut-Rhin et finit par être considéré, en 1922, comme un département à part entière. La frontière étant à nouveau fixée au Rhin, la ville perd son statut de place forte de première ligne et voit peu à peu fondre sa garnison. Son dynamisme démographique et économique ne se démentant pas, elle poursuit sa croissance et se modernise.

 

Prise par surprise le 18 juin 1940, elle est libérée le 20 novembre 1944, après plusieurs bombardements destructeurs et meurtriers. Ses plaies pansées, elle reprend son développement, en périphérie tout d'abord puis, grâce à l'acquisition de bâtiments et de terrains dont l'armée n'a plus l'usage, elle entreprend de remodeler son tissu urbain et de revitaliser son centre et son cœur historique. Devenue universitaire, Belfort qui est désormais connectée au réseau ferré à grande vitesse, est aujourd'hui une ville dynamique et moderne au cœur d'une Europe en devenir.

Document Henry Salomé

Les armoiries du Territoire de Belfort se blasonnent : d’azur à trois jumelles d'or, à la tour crénelée, couverte et girouettée d’or, ajourée et ouverte du champ, maçonnée de sable, brochant sur le tout.

Les armoiries sont celles de l'ancien comté de Belfort avec la tour des armoiries du chef-lieu départemental. Elles ont été adoptées en 1957 par la commission départementale d'héraldique. Elles figurent sur la grille principale de la préfecture du Territoire de Belfort mais ne sont plus utilisées actuellement.

Document Bruno Vallette

Document Bruno Vallette

Le drapeau de la Franche-Comté ou drapeau comtois est un drapeau régional français inspiré du blason de la province de Franche-Comté. Le bleu et le jaune y dominent avec un fond d’azur semé de billettes d’or mettant en valeur en son centre un lion d'or couronné, debout et de profil, la langue et les griffes de couleur rouge sorties. Il possède également sa propre devise : « Là où flotte le drapeau comtois, qui que tu sois, tu es chez toi ! ». Le blason dont il est inspiré fut créé durant le Moyen Âge classique par Othon IV de Bourgogne pour remplacer l'aigle germanique qui fut l'emblème précédent, afin de marquer son rapprochement avec le Royaume de France.